
Nul ne doute de l’importance d’investir en innovation pour obtenir un avantage compétitif sur le marché. Cela dit, avez-vous déjà réfléchi à l’avantage d’investir en intrapreneuriat pour faciliter l’innovation ? Et comment donner l’espace nécessaire aux intrapreneur.es dans vos équipes ?
Ce guide réunit l’essentiel : ce qu’est l’intrapreneuriat, pourquoi y investir, comment développer une culture intrapreneuriale, et un exemple concret tiré du terrain.
Qu’est-ce que l’intrapreneuriat ?
Je ne sais pas pour vous, mais j’ai entendu le terme « intrapreneuriat » la première fois à 23 ans dans un cours à l’université. Tout le contraire de l’entrepreneuriat, auquel j’ai été exposée dès mon enfance ! Mais alors, que voulait dire ce nouveau terme, étrangement similaire à l’entrepreneuriat à deux lettres près ?
En fait, il existe de nombreuses définitions. De façon très simple, c’est un système permettant à un.e employé.e d’agir comme un.e entrepreneur.e au sein d’une organisation. Oui, mais encore ?
« C’est une personne qui se concentre sur l’innovation et la créativité et qui a la capacité de transformer un rêve ou une idée en une initiative rentable, le tout en l’opérant au sein de l’organisation. » *
L’investissement en intrapreneuriat devient donc un levier concret vers l’innovation.
En quoi est-ce différent de l’entrepreneuriat ?
Voici un tableau récapitulatif exposant les distinctions les plus pertinentes :

Essentiellement, l’intrapreneur.e crée et développe une idée au sein de l’entreprise existante et, surtout, ne crée pas sa propre entreprise avec son idée.
Pourquoi investir dans l’intrapreneuriat ?
Si je pose cette question, c’est parce que je vois de multiples avantages à ce que les gestionnaires investissent en intrapreneuriat.

Attirer et retenir les talents
Personnellement, les gestionnaires avec qui j’ai le mieux travaillé sont ceux qui me donnaient une certaine liberté pour développer mes idées dans l’organisation. Cette liberté me gardait engagée : j’avais l’opportunité d’avoir un impact additionnel, de développer mes compétences et d’apprendre de mes expériences. Ayant été gestionnaire moi-même plus de cinq ans, c’est dans ce même esprit que je gérais mes équipes, avec la conviction que cette approche contribuait à la rétention. Utilisé dans le cadre d’un programme, l’intrapreneuriat devient un moyen concret d’attirer les talents.
Un levier vers l’innovation
L’intrapreneur.e se concentre sur l’innovation et a la capacité de transformer une idée en une initiative rentable. Avec une culture d’intrapreneuriat, vos employé.es sont encouragé.es à prendre des risques et plus enclins à sortir du moule. Cela permet de faire émerger de nouvelles idées et solutions, qui peuvent se traduire en produits et services innovateurs — mais aussi en amélioration des processus et des outils internes. Pour rester pertinente et durable, une organisation doit explorer et s’adapter continuellement. Quelle entreprise n’a plus besoin d’innover ? Aucune.
Briser les silos
Enfin, si vous sentez que vos équipes travaillent en silo, sachez que l’intrapreneuriat favorise la collaboration. Les projets intrapreneuriaux mobilisent souvent plusieurs parties prenantes, ce qui renforce les relations et le partage de connaissances au sein de l’organisation.
Comment développer une culture intrapreneuriale ?
Si tout cela vous paraît intéressant, la prochaine question est sans doute : comment s’y prendre ? Plusieurs actions sont possibles pour développer le sens intrapreneurial de vos équipes :
- L’évaluation des obstacles à l’intrapreneuriat dans votre structure actuelle
- La mise sur pied d’un programme d’intrapreneuriat
- La formation de l’équipe de gestion pour soutenir les initiatives intrapreneuriales
Au quotidien, en tant que gestionnaire, vous pouvez aussi :
- Encourager l’autonomie, où l’échec est perçu comme une occasion d’apprendre (et non une raison de punir)
- Mettre en place des mécanismes de feedback sur les projets et idées des employé.es
- Jumeler les intrapreneur.es expérimenté.es avec celles et ceux qui veulent développer leurs compétences
- Prévoir du temps — et même un budget — dans les priorités de l’employé.e pour travailler sur ses idées
- Célébrer les idées innovantes implantées avec succès
Ces comportements rejoignent les principes de la gouvernance partagée : pour aller plus loin, voir Comment les composantes des organisations autogérées s’intègrent.
L’expérience Axial : l’appropriation du changement

Lors de ma toute première journée chez IDEHŌ, ma collègue Ariane m’a offert l’opportunité de rencontrer l’Agence Axial, une entreprise spécialisée en conception de sites web eCommerce. Pourquoi les rencontrer ? Parce que nous voulions en apprendre davantage sur eux, cinq ans après leur transition vers l’entreprise autogérée.
Pour l’occasion, tant de questions nous passaient par la tête : où en sont-ils cinq ans plus tard ? Qu’est-ce qui a changé ? Et surtout, quels sont leurs besoins aujourd’hui ? C’est la réponse à cette dernière question qui a le plus retenu mon attention. Daniel, le propriétaire, nous expliquait qu’il aimerait développer le sens intrapreneurial de son équipe. La réponse me surprenait : alors qu’Axial a implanté les principes de l’entreprise autogérée depuis un moment déjà, les employé.es ne s’approprient pas tout l’espace auquel ils ont accès pour vivre cette autonomie.
L’appropriation d’un changement par les employé.es
Axial illustre parfaitement l’importance de l’appropriation d’un changement. La structure et les processus peuvent être les meilleurs du marché, il reste crucial que les employé.es se les approprient. Ce principe vaut pour tout changement impliquant des êtres humains.
Cela passe par la transformation et le développement de nouveaux comportements dans l’équipe — exactement les pratiques décrites plus haut. C’est avec ce type d’initiatives que la culture intrapreneuriale se développe et que les profils intrapreneurs émergent : les personnes se sentent alors à l’aise de prendre des risques et d’arriver avec de nouvelles idées.
Peu importe le changement que vous souhaitez mettre en place, il est critique de prendre en compte les êtres humains. Le cas d’Axial le montre : investir dans une structure et des processus basés sur l’autogestion ne garantit pas que les comportements intrapreneuriaux suivront automatiquement. Il faut évaluer les comportements que l’on veut voir se développer et établir une stratégie en ce sens.
En résumé
Investir en intrapreneuriat, c’est se donner un levier concret pour innover, attirer les talents et briser les silos — à condition d’accompagner le changement et de développer les bons comportements, pas seulement la structure.
Si vous désirez en savoir davantage sur comment développer les comportements intrapreneuriaux de vos équipes, parlons-en.
* Pinchot, G. III. (1985). Intrapreneuring: Why you don’t have to leave the corporation to become an entrepreneur, New York : Harper and Row.
